Comprendre les enjeux de l'agriculture
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Organisme génétiquement modifié (OGM)

Toute entité biologique capable de se reproduire ou de transférer du matériel génétique, c’est-à-dire les plantes, les animaux, les micro-organismes (par exemple virus, bactéries, champignons), les cultures cellulaires, tous les vecteurs de transfert de gènes (plasmides, virus, chromosomes artificiels) ainsi que des entités génétiques sous forme de séquences d’ADN, dont le matériel génétique a été modifié par des techniques biotechnologiques modernes. Ils possèdent dans leur génome un ou deux gènes supplémentaires provenant d’une espèce différente (la plupart du temps une bactérie) qui ont été insérés en laboratoire et qui lui donnent de nouvelles propriétés. Les principales plantes cultivées (soja, maïs, coton, colza, luzerne, betterave) ont des versions génétiquement modifiées, avec de nouvelles propriétés agricoles : résistance aux parasites, enrichissement en composants nutritifs, réduction des besoins en fertilisants.

Protocole de Carthagène (2000)

En vertu du principe de précaution consacré par l’article 15 de la Déclaration de Rio, ce Protocole signé en 2000 offre un cadre de protection contre les risques biotechnologiques à l’échelle internationale. Il entend ainsi « contribuer à assurer un degré adéquat de protection pour le transfert, la manipulation et l’utilisation sans danger des organismes vivants modifiés résultant de la biotechnologie moderne » (article 1 du protocole).

Protocole de Nagoya (2010)

L’utilisation des savoirs traditionnels associés aux ressources génétiques et aux bénéfices ou avantages découlant de leur utilisation est protégée par la Protocole de Nagoya[. . Il accorde aux communautés autochtones une reconnaissance des connaissances, innovations et pratiques qu’elles ont développées. Le recensement des savoirs autochtones répond au souci d’éviter qu’ils ne se perdent, et y puiser des ressources pour répondre à des problèmes dans des domaines aussi variés que la santé, la lutte contre la désertification ou le réchauffement climatique.

Savoir paysan

En matière de pratiques culturales sur lesquelles repose l’agriculture paysanne, s’additionnent des savoirs diversifiés sur les plantes cultivées, la préservation des semences, le vannage du grain, ou encore l’utilisation de la récolte. Les paysans disposent d’une connaissance fine de leur écosystème et de savoirs techniques élaborés. Ils connaissent la valeur du vivant. Ils se reposent sur l’expérience, sur l’échange avec d’autres paysans et constituent un ensemble de connaissances opérationnelles. Mais ils sont aussi des systèmes de compréhension et c’est par leur truchement que les savoirs importés seront interprétés et évalués par les paysans. Alors que les savoirs scientifiques et techniques sont standardisés, uniformisés et formalisés par la recherche et par l’industrie agro-alimentaire, les savoirs paysans sont localisés, contextualisés et empiriques.

Sélection massale

Les agriculteurs ne conservent que les plantes les plus adaptées à leurs conditions de culture, sélectionnées « dans la masse » – d’où le terme de « sélection massale ». Qualifiée d’empirique, cette sélection prend sa source dans des savoirs très sophistiqués. Ainsi pour le maïs, cette sélection a souvent conduit, pour les céréales, à favoriser des plantes à une seule tige (donc diminution du tallage), gros épi unique (au lieu de multiples petits épis), grains gros et nus (pour faciliter sa récolte et transformation) et, suivant les espèces, comme pour les légumineuses, gousses fermées.

Semence améliorée

Le travail de sélection permettant de produire des variétés adaptées aux besoins est fondamental. Le terme de semence améliorée signifie que la variété concernée a été « enrichie » par des centres publics ou privés de sélection végétale. Ces semences améliorées peuvent être au départ des semences paysannes qui ont été rendues plus homogènes, en termes de phénotype (taille, forme des épis), de précocité ou tout autre caractère. L’amélioration associe plusieurs acteurs : la recherche, chargée de la création variétale et de la production de semences de base ; le service semencier national (quand il existe), chargé de la production de semences certifiées, soit en régie, soit à travers des réseaux de paysans semenciers ; le service étatique chargé du contrôle et de la certification de la qualité des semences ; des structures de vulgarisation ; enfin les paysans, acheteurs des semences certifiées produites.

Semence biologique

Pour la définition officielle, une semence certifiée en agriculture biologique (AB) est une semence dont les plantes mères ont été produites conformément aux règles de l’AB pendant au moins une génération ou, pour les plantes pérennes, deux saisons de végétation. Sont exclues les semences dont l’intégrité cellulaire a été perturbée : CMS (stérilité mâle cytoplasmique), mutagénèse… De nombreuses semences « biologiques » sont issues de la mutagénèse aléatoire (légumes, riz, céréales…).

Semence industrielle

Désigne l’ensemble des semences produites par un semencier professionnel. Il peut s’agir d’une sélection variétale classique (y compris massale), mais aussi plus sophistiquée, avec la production d’hybrides, d’OGM, de plante mutées… Toutes ces semences, pour être commercialisées, doivent être inscrites dans le catalogue officiel de variétés. Elles sont couvertes soit par un certificat d’obtention végétal (COV), soit par un brevet (directement sur son procédé d’obtention, ou encore sur une information génétique contenue dans cette semence).

Semence paysanne

Les semences paysannes sont issues de populations végétales gérées par les agriculteurs, (organisés parfois en coopératives semencières) sélectionnées, triées et conservées avant d’être semées, d’où leur qualificatif “paysanne”. Ces variétés locales sont la rencontre entre l’entité biologique et le savoir paysan qui lui est associé : l’agriculteur sait ainsi comment les utiliser et ce qu’il peut en attendre. Elles sont adaptées à leurs terroirs et à leurs modes de production et présentant des caractéristiques qualitatives jugées intéressantes par les transformateurs locaux et les consommateurs. Souvent, à partir de variétés anciennes, en sachant aussi profiter de l’apport de la diversité de variétés exotiques, les cultivateurs pratiquent des sélections conservatrices, amélioratrices ou évolutives. Ces semences et plants sont peu homogènes de manière à conserver, à côté de quelques caractères fixés, un maximum de variabilité qui leur permet de s’adapter à des conditions naturelles changeantes ou à profiter au mieux des interactions bénéfiques avec d’autres plantes. Les semences paysannes n’ont pas d’existence juridique. Elles ne remplissent pas les critères nécessaires pour figurer aux Catalogues des variétés commerciales.

Variété

Ensemble de plantes qui présentent un certain nombre de caractères communs – comme la forme, l’adaptation aux jours longs ou courts, ou la résistance aux maladies… – et qui conservent ceux-ci au fil des générations successives. Pour pouvoir être commercialisée, une variété doit être inscrite dans un Catalogue. Variété est améliorée quand elle apporte un “progrès” par rapport aux variétés existantes. Ce progrès mesuré par la VATE (Valeur Agronomique, Technologique et Environnementale).

Technologie génétique

Toute technique qui implique l’isolement, la caractérisation, la modification ou l’introduction de l’ADN dans des cellules vivantes ou des entités génétiques utilisées comme vecteur pour le transfert de gènes (plasmides, virus, chromosome artificiel).

Utilisation confinée

Toute opération dans laquelle des organismes sont génétiquement modifiés ou dans laquelle des organismes génétiquement modifiés sont cultivés, stockés, utilisés, transportés, détruits ou utilisés d’une manière quelconque dans un système de volume inférieur à x cm2, et pour lesquels des barrières physiques, ou une combinaison de barrières physiques, chimiques et/ou biologiques, sont utilisées en vue de limiter le contact de ces micro-organismes avec l’ensemble de la population et de l’environnement ;

Union internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV)

Organisation intergouvernementale ayant son siège à Genève, l’UPOV a été établie par la Convention internationale pour la protection des obtentions végétales, adoptée à Paris en 196, puis révisée en 1972, 1978 et 1991. La mission de l’UPOV est de protéger juridiquement les droits de propriété intellectuelle (DPI) des obtenteurs de nouvelles variétés végétales, au niveau international.

Variétés locales ou traditionnelles

Ce sont des variétés cultivées traditionnellement dans une région. Elles peuvent en être originaires ou avoir été introduites depuis longtemps. Elles sont généralement issues de sélection massale. Mais elles peuvent aussi être de vieilles variétés améliorées que se sont appropriés les agriculteurs d’une zone mais dont les semences ne sont plus produites de façon organisée.

Variétés population

Les variétés population sont constituées d’individus à haute diversité intra-variétale qui sont sélectionnées et multipliées en pollinisation libre ou en sélection massale. Contrairement aux hybrides F1, elles peuvent se ressemer d’une année sur l’autre. Elles contribuent donc à l’autonomie des agriculteurs. Ce type de sélection, à la fois conservatrice et évolutive caractérise le mieux les semences paysannes. Juridiquement, ce ne sont pas des variétés car elles ne correspondent pas aux normes juridiques qui définissent la variété.

Valeur Agronomique, Technologique et Environnementale (VATE)

L’Union européenne impose aussi, pour les grandes cultures, des tests de « VATE » (pour Valeur Agronomique, Technologique et Environnementale) dont les normes sont définies par les États de manière parfois  différente : (1) meilleures résistances (à une maladie, aux insectes, à la sécheresse…) ; (2) moins exigeante en intrants (engrais, pesticides…) ; (3) correspondant mieux aux besoins des utilisateurs (goût, forme, conservation, transformation…), etc.

 

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