Comprendre les enjeux de l'agriculture
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Chinois, Russes et Américains prennent pied en Afrique. Ils ont compris que ce continent dispose encore et toujours d’un potentiel non exploité. L’Afrique a déjà accueilli un grand nombre de pays investisseurs toujours au seul profit des étrangers.

Philippe Simo, ingénieur franco-camerounais de 35 ans, veut entraver l’exploitation subie par l’Afrique. Il souhaite que les Africains prennent conscience de leur potentiel et qu’ils l’exploitent à leur avantage.

Son parcours de consultant industriel dans le secteur de l’énergie ne le prédestinait pas à devenir entrepreneur africain dans l’agriculture biologique mais il a réussi la conversion. Il y a 10 ans il investit pourtant dans plusieurs hectares au Cameroun. Aujourd’hui il dirige avec une grande fierté une exploitation de 17 hectares, 10.000 poulets, des bassins piscicoles et des cultures.

Cette réussite, il compte s’en servir pour pousser d’autres Africains, installés hors du continent, à revenir et à investir leur confiance et leurs finances dans des projets locaux. Pour cela, il propose, via son entreprise « Investir au Pays », un accompagnement à la fois sur l’organisation du projet mais aussi sur sa viabilisation financière.

Les points forts d’un projet d’investissement en Afrique : une mise de départ raisonnable, des surfaces vierges où tout reste à construire, une contribution à la sécurité alimentaire.

L’objectif est de produire africain, par les Africains et pour les Africains.

Philippe Simo vend sa propre récolte sur les marchés du pays, de Douala à Makary. La chaîne de valorisation, de la production à la vente finale, se fait aux bénéfices d’acteurs africains. En terme économique, c’est l’opportunité d’offrir un emploi à des locaux.

 Avec ses 377.000 abonnés sur YouTube et 56.000 sur Instagram, le jeune entrepreneur a trouvé son public et espère réveiller des ambitions individuelles, sans attendre l’action d’institutions internationales (FMI, Banque Mondiale) qui ne proposent pas de modèles inclusifs et durables.

La diaspora envoie déjà beaucoup d’argent en Afrique mais ce flux est épargné et ne supporte pas de projets profitables. Philippe Simo veut porter à leur connaissance sa propre expérience, concrète et chiffrée, pour leur démontrer que le business est vite rentable sur ce territoire, même avec un apport limité.

Son accompagnement est aussi l’opportunité d’expliquer les us et coutumes du business en Afrique et les pièges à éviter pour ceux qui n’y ont jamais vécu mais qui décident de suivre ses pas.

Agroalimentaire, immobilier, études de marché… Philippe Simo accompagne aujourd’hui les ambitions africaines au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en France et au Sénégal.

La conjoncture actuelle invite tous les citoyens africains à une nouvelle forme d’accomplissement. Elle pourrait passer par un retour aux sources qui contribuerait, en outre, au bien-être de leurs compatriotes.

Source : Le Monde