Comprendre les enjeux de l'agriculture
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Déforestation, urbanisation et accidents climatiques mènent la vie dure aux agriculteurs du Nord du Rwanda qui tentent d’exploiter leurs terres pour en tirer haricot, patates douces ou thé. Coulées de boue, inondations et crevasses mettent en danger leur vie et engloutissent petit à petit les plantations.

Devant cette situation, qui s’aggrave au fil des ans, le Fonds vert de l’ONU et la ville de Kigali apportent leur soutien à un projet de rétablissement d’un écosystème favorable. Au programme :

  • Terrassement ;
  • Reforestation ;
  • Transition agricole.

Le projet nommé Green Gicumbi Project bénéficie d’une enveloppe de 33 millions de dollars pour une refonte totale du paysage géographique et social. Outre les opérations environnementales, le programme prévoit la fourniture d’équipements aux 125.000 habitants de la région.

A terme, il vise un nouvel usage de l’eau et des sols, des pratiques plus productives et plus durables pour un revenu agricole amélioré pour cette population à 100% agricole.

10.000 personnes ont été embauchées, les flancs de collines se transforment en terrasses avec des écoulements canalisés, les femmes commencent à planter. Tout cela est rendu possible par une décentralisation efficace des actions publiques et une sensibilisation auprès des producteurs, assurée par le Fonerwa

Les résultats sont là : après la résistance des locaux qui redoutaient la destruction des vieilles cultures en place, ceux-ci constatent un rendement bien supérieur des nouvelles cultures, un risque de glissement réduit. La participation des producteurs au terrassement de leur propre champ a été récompensée par un don de semences.

Dans le paysage, le vert a repris le dessus sur la terre rouge invasive.

Les producteurs ont été invités à se constituer en coopérative pour faciliter leurs accès aux intrants (chaux, semences, engrais naturel) et aux marchés d’écoulement tandis que la politique gouvernementale pousse à la monoculture saisonnière.  Le risque de cette transition est de réduire la biodiversité et d’exposer ces producteurs à une mauvaise récolte collective.

Premier pays africain à promouvoir des actions en phase avec les accords de Paris, le Rwanda entend réduire de près de 40% ses émissions de GES et dupliquer le Green Gicumbi Project dans d’autres régions du pays.

Alex Mulisa, conseiller sur le projet, rappelle que pour les pays en voie de développement, le déblocage des aides du Fonds vert pour le climat est difficile parce qu’il requiert une procédure longue, lourde et, au final, coûteuse. Les besoins sont urgents et nécessitent un programme global évalué à 11 milliards de dollars, dans lequel des bailleurs étrangers pourraient intervenir.