Comprendre les enjeux de l'agriculture
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Le pays de la démesure monétise tout, y compris l’eau !

Le stress hydrique concerne déjà 43 pays et devrait toucher presque 2 milliards de personnes en 2025. Il n’en fallait pas plus pour donner des idées aux financiers : ce qui est rare est cher…et peut rapporter gros.

Le Chicago Mercantile Exchange Group (CME) et le Nasdaq vont prochainement lancer des contrats à terme sur l’eau de Californie, comme ils le faisaient pour d’autres denrées.

Ainsi, acheteur et vendeur s’entendront sur le montant d’une transaction concernant l’eau, pour une livraison et un paiement à terme.

Qui sont les acheteurs potentiels ? Majoritairement, des gros consommateurs d’eau tels que les industriels et les producteurs, qui voient dans cet outil financier, l’opportunité de :

  • Fixer à l’avance le montant de la dépense liée à la consommation d’eau ;
  • Sécuriser contractuellement la fourniture face aux risques climatiques.

En 2018, est apparu le Nasdaq Veles California Water Index (NQH2O), l’indice de référence pour les prix de l’eau. Censé offrir plus de transparence et de visibilité pour les opérateurs, cet indice se base sur les achats précédemment réalisés en surface et dans quatre réserves souterraines de l’État. La société Veles, initiatrice de l’indice, est une société spécialisée dans la tarification, les produits financiers et les méthodologies liés à l’eau.

A partir de cet indice, acheteur et vendeur établiront un contrat chiffré en dollars par acre-pied, une unité de volume fréquemment utilisée aux États-Unis pour les stockages de grande capacité. Elle correspond à un volume d’environ 1200m3

L’indice a déjà grimpé sensiblement entre la sécheresse et la crainte des pénuries pour atteindre 500 dollars actuellement.

L’agriculture californienne avec ses 3,5 millions d’hectares est particulièrement impactée par le risque hydrique, d’autant que le Sustainable Groundwater Management Act (SGMA) est venu fixer des quotas par usage.

Avec un marché estimé à plus d’un milliard, il est nécessaire de disposer d’un système organisé qui régule l’offre et la demande, selon Tim McCourt, Managing Director & Global Head of Equity Products and Alternative Investments chez CME Group.

Cela signifie qu’il faudra aussi disposer d’une solvabilité financière  à la hauteur de ses besoins.

Source : Korii