Comprendre les enjeux de l'agriculture
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Dans un service connecté, il y a la prouesse digitale, récompensée par des levées de fonds mais il y a aussi l’expérience utilisateur sur le terrain, moins conceptuelle. Les agriculteurs en font l’amère expérience : l’appli ne tient pas toujours ses promesses.

Tous les jours, de nouvelles applications mobiles font leur entrée dans nos vies.

L’agriculture n’échappe pas à ce phénomène : connaître la météo, repérer une maladie sur une plante, suivre son champs, connaître la date de révision de son tracteur, trouver son acheteur, choisir ses engrais… autant d’applis qui donnent l’impression d’un monde facile, à portée de main.

Les petits exploitants cèdent à la tentation d’avoir accès au monde entier à travers leur smartphone. Et s’ils louent les bienfaits de leur nouvel outil digital, porteur de beaucoup d’espoirs, l’analyse concrète de leur activité n’indique aucune amélioration réelle.

La promesse d’une meilleure productivité ou d’une plus grande performance commerciale est tentante mais elle reste théorique.

L’agriculteur constate chaque jour l’état de sa culture tandis qu’il a entre ses mains un outil qui pense data et modélisation. La communication entre les deux est difficile et aboutit à la sous-exploitation du service.

Le potentiel de l’outil est là mais l’utilisateur ne sait pas comment l’atteindre. Et lorsqu’il y parvient, les recommandations ne sont pas toujours réalisables, parce que l’agriculteur est une femme, parce que sa logistique ne le permet pas, parce que la route est coupée…

Même si elle est le fruit d’un algorithme, l’information seule n’a aucune valeur, c’est ce qu’on en fait qui apporte une plus-value. Les développeurs doivent donc s’attacher à comprendre le déploiement de leur solution sur le terrain.

Après deux années passées sur le terrain pour assister le développement d’une appli de diagnostic de maladies sur le manioc, James LEGG, virologiste, insiste sur l’importance de la maniabilité et de l’ergonomie de l’interface.

L’agriculture doit aussi être considérée dans son aspect communautaire, le producteur interagit avec d’autres acteurs dans sa filière : transporteur, courtier, … qui devraient partager le même outil digital.

A ce jour, il est impossible d’analyser la performance à l’usage car les développeurs ne partagent pas les données avec les chercheurs.

L’idéal serait de digitaliser le contexte de l’agriculteur pour lui faciliter l’accès et l’exploitation de ses propres données. Une appli plus simple et plus personnalisée, au service de l’agriculteur.

Source : Scidev