Comprendre les enjeux de l'agriculture
Print Friendly, PDF & Email

Ancien Premier ministre du Togo, Gilbert Fossoun Houngbo est président du Fonds international de développement agricole (FIDA) depuis le 1er avril 2017. Il a accordé récemment une interview au site Financial Afrik (9 octobre) dans lequel il livre sa vision de l’agriculture africaine. « L’agriculture africaine ne bénéficie pas encore des atouts dont elle a besoin pour être productive » déclare-t-il d’emblée. Plusieurs raisons sont évoquées : « la plupart des petits producteurs africains n’ont pas accès aux technologies modernes et aux semences améliorées et de bonne qualité. De plus, ils n’utilisent en moyenne que 13 kilogrammes d’engrais par hectare alors que ceux d’Asie en sont à 56 kilogrammes sans parler de ceux d’Amérique latine qui utilisent 90 à 120 kilogrammes par hectare de terre cultivée. Seulement, 5 à 6 % des terres cultivées sont irriguées malgré la disponibilité de l’eau en Afrique ». Gilbert Fossoun Houngbo insiste : il faut « investir dans l’agriculture en Afrique ». C’est le rôle du Fida, des agences des Nations Unies, des institutions financières internationales, des organisations non gouvernementales, du secteur privé… « Beaucoup de pays africains ont compris l’importance de l’agriculture. Elle constitue l’épine dorsale de leur économie.
Pour relever le défi de la pauvreté et de la sécurité alimentaire, ils ont commencé par mettre en place des politiques agricoles » constate par ailleurs le président du Fonds. Ces pays « doivent investir dans l’agriculture vivrière en mettant à la disposition des producteurs les technologies à coût abordable pour leur permettre d’accroître la production et transformer leurs produits. Les petits paysans ont aussi besoin d’informations sur les marchés pour écouler leurs produits. Leur objectif est d’augmenter leur productivité, nourrir leur nation et exporter leurs surplus. En résumé, les pays africains ont besoin de l’agriculture de rente mais ne doivent pas laisser de côté la culture des produits vivriers ». « La force de l’agriculture familiale en Afrique est indéniable, conclut Gilbert F. Houngbo.
Les petites exploitations représentent 80% de la production. Mais globalement, un tiers de la nourriture est perdue ou gaspillée. Par conséquent, de nombreux pays africains sont des pays à déficit vivrier. Avec un soutien adéquat, l’agriculture familiale pourrait devenir la base d’un développement rural durable au profit de toute l’Afrique ».

OM