Comprendre les enjeux de l'agriculture
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L’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange africain au 1er janvier 2021 n’est que la première étape d’un beau projet commun semé d’embûches

Certes 34 pays sur les 55 l’ont d’ores et déjà ratifié mais tout reste à construire concrètement, notamment sur la question des taxes douanières destinées à être supprimées à 97%.

La ZLECAF, zone de libre-échange continentale africaine, permet aux pays signataires de commercer librement dans l’espace commercial le plus peuplé au monde : 1,2 milliards d’Africains.

Aujourd’hui, seuls 16% des échanges se font dans un cadre préférentiel africain, l’objectif de l’accord est de monter à 60% d’ici 2034.

Cyril Ramaphosa, président de l’Union Africaine (UA), incite les entrepreneurs à construire des partenariats mais les disparités entre pays sont grandes et jusqu’à présent, les entreprises se contentent de répondre à des demandes de production.

Ils s’accordent tous à reconnaître que cet accord est l’occasion de réduire les inégalités entre riches et pauvres, hommes et femmes ou multinationales et pme. Il va falloir adopter une posture de conquête, investir dans des produits plus qualitatifs.

La fin des barrières commerciales signifie aussi l’apparition d’un nouvel environnement concurrentiel dans lequel il serait dangereux de s’aventurer en l’état. Des plateformes de mise en contact ont d’ores et déjà été initiées pour permettre aux startups et pme de proposer leurs services.

La ZLECAF n’est pas encore ratifiée par l’ensemble des pays membres mais les locomotives du continent, comme le Nigeria, ont déjà signé, ce qui permet d’engager une phase opérationnelle.

Le libre-échange n’est qu’une « facilité » logistique, les promoteurs de la ZLECAF vont devoir articuler cet accord avec d’autres partenariats existants :

  • Les communautés économiques régionales (CER) ;
  • Les accords commerciaux extérieurs : Chine, Europe, États-Unis.

Certaines nations africaines pourraient être tentées de jouer cavalier seul par appât du gain. Comme toute mutualisation, le bénéfice est en faveur des membres les plus faibles, dans une volonté de construire un continent cohérent capable de s’opposer à ses homologues, européens par exemple. Et, par la même occasion, enclencher de nouveaux mécanismes commerciaux plus inclusifs, libérés du modèle colonial.

Outre les tentations extérieures, la ZLECAF devra aussi composer avec la corruption, la lourdeur administrative ou le manque de moyens de ses membres.

A terme, ce marché intérieur potentiel, fonctionnel, offrira une sécurité économique si d’autres pandémies venaient mettre à mal les échanges dont dépendent fortement les pays africains.

La Banque mondiale estime que ce nouveau marché commun pourrait sortir 100 millions d’Africains de la pauvreté d’ici 2035.

Source : Le Point