Comprendre les enjeux de l'agriculture
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Diploïde ou triploïde ? Ces termes qualifient la façon dont les chromosomes s’associent dans les gènes : par 2 ou par 3, qu’il s’agisse d’animaux ou de plantes.

Dans la nature, les deux existent même si la triploïdie est rare chez l’animal parce qu’elle concerne des individus non viables et stériles. Seules quelques espèces de poissons, grenouilles et insectes sont concernées. Pour les plantes, la triploïdie est plus répandue.

En plus de la nature, l’homme manipule de nombreux gènes pour produire des individus polyploïdes : huîtres, pastèques…. qu’il nomme 2N, 3N, 4N.

Avantage ?  Ces individus ont une diversité génétique plus importante, ils sont plus résistants et offrent un rendement supérieur. Citons quelques exemples :

  • Pomme de terre, tabac, coton, blé dur : 4N ;
  • Blé tendre : 6N ;
  • Fraise : 8N.

Lorsque ces individus se croisent avec des congénères diploïdes, ils engendrent des descendants stériles d’un grand intérêt puisque qui dit stérilité dit sans pépins, ou sans laitance pour les huîtres dont les gamètes subissent un choc chimique ou thermique.

Ainsi, face à la triploïdie naturelle du citron vert, l’homme intervient sur d’autres fruits pour obtenir une version épépinée : la pastèque, la pomme reinette du Canada, la pomme belle de Boskoop…La création d’individus triploïdes permet aussi d’obtenir de plus grosses racines pour le gingembre et le curcuma.

A ce jour aucune nocivité n’est démontrée à la consommation de ces denrées modifiées. Elles ne sont pas étiquetées « OGM » selon la directive 2001/18, le matériel génétique n’est pas modifié, seul le nombre de chromosomes varie.

La question se situe au niveau du modèle économique agricole qu’elle impose : une production intensive et rentable qui doit amortir les dépenses liées à la recherche et au développement, loin d’un bénéfice gustatif.

Source : Que Choisir