Comprendre les enjeux de l'agriculture
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La bio-économie représente donc en quelque sorte la partie organique et renouvelable de l’économie circulaire.

L’agriculture constitue donc une des fondements majeurs de la bio-économie.

Comment l’agriculture s’inscrit-elle dans la bio-économie ?

Cette vision à la fois dynamique et systémique qu’est la bio économie peut se décomposer, au regard de l’agriculture, en trois perspectives complémentaires.

  • L’approche par les bio ressources, comme nous venons de le voir. Elle correspond à la création de nouvelles chaînes de valeur basées sur l’utilisation de matériaux biologiques issus en tout ou partie de la production agricole. Dans cette perspective l’agriculture devra s’insérer dans une chaîne de valeur typiquement industrielle. Cette une logique à laquelle elle a été jusqu’alors souvent peu familiarisée. Les difficultés pour développer les installations de biogaz où il y une quinzaine d’années les débats autour des usines de bio diesel ou d’éthanol en sont la preuve flagrante. Cet horizon modifiera sans doute à moyen terme le rôle socio-économique de l’agriculture qui ne sera plus forcément uniquement nourricière.
  • Une approche par la bio écologie qui correspond à la perspective technique et agronomique d’une production de biomasse « verte ». C’est-à-dire faiblement consommatrice d’énergie et d’intrants avec un horizon agronomique théorique à cent pour cent « naturel ». Pour cela on va rechercher l’optimisation et la valorisation productive des processus biologiques (c’est le concept d’agriculture écologiquement intensive), la protection des sols et le développement de la biodiversité fonctionnelle souvent qualifiée « d’ordinaire ». Cette perspective correspond à un changement en profondeur des systèmes biotechniques agricoles.
  • Enfin l’approche par les biotechnologies conduit à développer un maximum de technologies basées sur les sciences du vivant. Cela concernera principalement les processus industriels. Nous utilisons par exemple depuis longtemps des levures ou des micro-organismes, parfois génétiquement améliorés, pour produire des substances essentielles comme l’insuline, cela va surement se développer à l’avenir. L’agriculture pourra cependant être impactée en ayant à produire selon des cahiers des charges spécifiques avec des objectifs nouveaux sur la composition des produits (par exemple lait, céréale riche dans telle ou telle substance).

S’intéresser à la bio économie c’est donc étudier les chaînes de valeur directement ou indirectement liées la photosynthèse pour en augmenter l’efficacité. Une part significative de la mise en dynamique va concerner les relations existantes entre différents secteurs d’activités fonctionnant jusqu’à présent fortement en silos verticaux. L’objectif sera de   fluidifier leurs échanges et de développer les hybridations et les synergies entre eux.

Améliorer l’efficacité de la photosynthèse

Un moyen important de développer la bio économie consiste à augmenter la biomasse produite. On peut penser globalement à deux voies complémentaires permettant d’augmenter la production de biomasse par unité de surface. On cherchera d’un côté à augmenter l’efficience propre à chaque plante cultivée. En parallèle on travaillera à accroître la production par unité, l’hectare par exemple.

Augmenter l’efficacité des plantes, cela veut dire en fait accroître le rendement de la transformation de la lumière en biomasse par l’amélioration des plantes, autrement dit voire comment par la génétique on peut augmenter l’efficacité, le rendement de « l’usine » photosynthétique. On s’intéresse alors à l’efficience propre à chaque plante au regard de l’objectif poursuivi (volume de production, teneur en une certaine molécule…). On peut imaginer pour cela plusieurs pistes (cf encadré1).

Pour augmenter la production de biomasse à l’hectare, on raisonnera l’efficacité globale du système de production sur une surface donnée pendant une année complète ou, mieux, une succession pluriannuelle déterminée. On va donc chercher à augmenter le rendement de chaque plante mais également accroître l’efficacité globale du système de production. L’objectif principal est d’optimiser l’utilisation de la lumière arrivant sur une surface cultivée, notamment en augmentant la période pendant lequel les chloroplastes captent la lumière. On cherchera une couverture permanente des sols ce qui aura bien sûr un effet positif sur l’environnement (prévention de l’érosion et des lessivages). Mais surtout « l’usine à photosynthèse » travaillera plus longtemps et cela augmentera donc la production de biomasse. On visera également le maintien d’une couverture foliaire en bon état « de fonctionnement » (irrigation, protection contre les maladies…).

 Au plan de la performance économique on cherchera à raccourcir les cycles culturaux afin d’espérer trois cultures de rente en deux ans (en zone tropicale on arriva à produire deux voir deux récoltes et demie par an). La complémentarité entre la culture élevage pourra également permettre d’augmenter la valorisation de la biomasse créée et de mieux refermer les cycles de éléments tels que l’azote ou le phosphore.

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