Comprendre les enjeux de l'agriculture
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Des chercheurs de l’institut français INRAE observent une exploitation agricole expérimentale sans pesticides, dénommée Domaine d’Epoisses, dans la banlieue de Dijon, en France.

Ils analysent, sur 132 hectares, différentes combinaisons de cultures et d’espèces animales et en mesurent les effets sur les rendements et la biodiversité.

Lancée en 2018 pour 10 ans, cette expérience, référencée CA-SYS (pour co-constructed agroecological systems), doit permettre de comprendre et de construire les futures exploitations sans pesticides. L’objectif du groupe de recherche est d’appréhender la transition vers l’agriculture zéro pesticide.

Cette expérience attire des agriculteurs qui viennent s’informer sur les premiers retours d’expérience, notamment sur la problématique des adventices, ces mauvaises herbes qui assoiffent les cultures et les privent de soleil lorsque les terres agricoles ne sont pas traitées.

Les chercheurs expérimentent les couverts végétaux ou cultures secondaires comme moyens de lutter contre les adventices. Ces alternatives aux pesticides permettent de mieux fixer l’azote et la matière organique dans les sols.

Quatre systèmes agroécologiques sont testés sur cette exploitation  expérimentale :

  • Avec labour et engrais ;
  • Avec labour sans engrais ;
  • Sans labour en semis direct avec couvert végétal ;
  • Sans labour en semis direct sans couvert végétal.

Les expériences aboutissent parfois à un envahissement tel que le carré de culture est abandonné pour une autre expérimentation. Les échecs enregistrés sur cette plateforme expérimentale font aussi gagner du temps au monde agricole qui ne peut pas se permettre cette variété d’essais.

Les agriculteurs en quête d’évolution souhaitent prioritairement réduire le travail des sols puis passer au bio. Ils sont aussi curieux des résultats en termes de répercussion économique.

La transition agricole inquiète plus sur le plan économique qu’agricole mais les chercheurs ne s’engagent pas à proposer de solutions miracles.  Ils tirent de ces expériences des protocoles replicables.

Actuellement des élevages d’insectes auxiliaires prédateurs de ravageurs sont à l’étude au Domaine d’Epoisses. Un habitat sous forme de bande fleurie borde le champ testé, les insectes prédateurs y sont installés. Les chercheurs ont même planté une haie d’arbustes destinés à recevoir des rapaces d’ici quelques années.

Source : Le Monde