Comprendre les enjeux de l'agriculture
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En 2017, Louis Robert, en poste au ministère de l’agriculture québécois, avait dénoncé l’ingérence des industries des pesticides au sein des institutions publiques de son pays. Malgré sa dénonciation, sous le statut de lanceur d’alerte, il avait été congédié du ministère avant d’être réintégré six mois plus tard, en vertu du principe de protection qui couvre ce statut.

Il reprochait aux autorités de laisser des intérêts privés s’immiscer dans les politiques publiques et l’écosystème agricole depuis plusieurs décennies et d’en fausser les objectifs de développement particulièrement en termes de développement durable.

Agronome, il a passé 30 ans au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) et regrette que, malgré les avancées de la recherche et le degré d’informations dont disposent les autorités, la transition reste timide :

  • Des semences de maïs et de soja sont encore traitées aux pesticides ;
  • Des épandages d’herbicides glyphosate sont pratiqués pour faire mûrir des cultures ;
  • Des conseillers agronomes dépendent de financements privés…

Pour lui, la lutte doit porter sur l’indépendance et l’objectivité des études menées sur l’agroalimentaire. En 2018, une enquête de deux médias avait confirmé que des lobbyistes siégeant au Conseil d’administration du Centre de recherche sur les grains (CEROM) interféraient avec le résultat de certaines études.

Louis Robert ajoute que des solutions alternatives pour réduire l’usage des pesticides existent mais que les circuits de communication aux professionnels sont biaisés. La menace de coûts supplémentaires induits par une exploitation sans pesticide ne tient pas compte du gain environnemental, par exemple.

Il a tenté de faire changer les approches, de l’intérieur, sans médiatisation, en vain. Après avoir été lanceur d’alerte, il publie un livre intitulé « Pour le bien de la terre » où il livre son expérience, son analyse et sa vision d’une autre agriculture possible.

Source : Le Devoir