Comprendre les enjeux de l'agriculture
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Préoccupés par la planète et leur santé, les citoyens freinent leur consommation de produits carnés et sont de plus en plus nombreux à se dire flexitariens. Il est difficile de définir exactement cette nouvelle tendance alimentaire mais elle fait craindre des répercussions sur l’élevage.

Le flexitarisme n’est pas un mouvement alternatif au végétarisme, qui prône l’exclusion. C’est l’adoption d’une nouvelle approche alimentaire qui peut accélérer la transition agricole.

La filière viande, représentée par Interbev, surfe sur ce courant pour lui donner un sens positif à travers des slogans qui valorise le produit « Aimez la viande, mangez-en mieux » ou le normalise « naturellement flexitariens ». L’objectif est de démontrer que consommateurs et producteurs sont sur la même longueur d’onde, ces derniers étant soulagés que le flexitarisme vienne remplacer le végétarisme.

On ne retrouve pas dans ce mouvement les notions drastiques d’interdiction, ni même de ratios de consommation. Le flexitarisme traduit plus l’adoption d’un nouveau rythme alimentaire en phase avec l’environnement et le bien-être animal.

La transition agricole est soumise aux mêmes enjeux, adapter l’élevage plutôt que le faire disparaître. Les animaux occupent la majorité des surfaces agricoles mondiales, généralement non cultivables et leur alimentation n’est pas consommable par l’homme.

Il est vrai qu’un équilibre doit être trouvé entre cet élevage qui assure le maintien des grands espaces verts mais produit du gaz à effets de serre, notamment en termes de mixage des élevages sur un même terroir.

Chaque secteur alimentaire essaye de tirer parti de ce flexitarisme en l’accaparant. D’un côté la filière viande qui met l’accent sur une consommation plus qualitative et des acteurs de la food tech qui produisent des substituts. Ces nouveaux produits empruntent le champ lexical d’un monde carné qu’ils remplacent, alors qu’ils ne sont pas des modèles nutritionnels.

Pour réussir la transition agricole et offrir au consommateur un équilibre entre protéine animale et végétale, il faut mettre l’accent sur une autre communication :

  • Susciter un intérêt pour les légumineuses ;
  • Réserver le terme viande aux produits carnés ;
  • Compléter avec un label sur le bien-être animal.

Le challenge implique un soutien aux démarches agricoles de réduction des GES et à la dynamisation des filières végétales.

Pour mener à bien cette transition qui impacte animal et végétal, le think tank Agridées suggère la création d’une interprofession agricole et alimentaire au-delà d’Interbev , Interfel, … pour communiquer sur un flexitarisme en phase avec l’agroalimentaire.

Source : Terre-Net Media