Comprendre les enjeux de l'agriculture
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Le marché mondial du riz est animé par un faible nombre d’acteurs. Les échanges commerciaux portent sur des quantités réduites de grains (10 % de la production mondiale). Ils sont néanmoins indispensables pour approvisionner les marchés africain et moyen oriental, structurellement déficitaires.

La production mondiale de riz est juste à l’équilibre depuis plusieurs campagnes. Selon le Conseil international des céréales (CIC) (1), elle est estimée à 490 millions de tonnes (Mt)  pour une consommation prévue à 492 Mt.

La production mondiale de riz a augmenté de 40 Mt en 10 ans, au rythme de la demande, si bien que les stocks de report se sont stabilisés autour de 123-126 Mt selon les années. La Chine en détient à elle seule 73,5 Mt.

La production de riz est concentrée en Asie, dans des pays à forte pression démographique où elle est majoritairement autoconsommée. Toutefois, les principaux pays producteurs ne sont pas pour autant autosuffisants et à l’abri des importations. La Chine (142 Mt pour 2018-2019) et l’Indonésie (37,8 Mt), respectivement premier et troisième producteur mondial de riz, achètent chaque année, à des pays tiers, quelques millions de tonnes pour compléter leur récolte ou pour conforter leurs stocks. Mais les quantités en jeu sont très limitées au regard de leur production nationale.

Des échanges commerciaux limités

Le marché mondial du riz est animé par un faible nombre d’acteurs et il ne porte que sur 49 Mt de grains, soit environ soit 10 % de la production mondiale. Par comparaison, celui du blé (172 Mt) représente 24 % de la récolte mondiale.

L’Afrique et le Moyen Orient importent les deux tiers des quantités de riz commercialisées (33 Mt sur les 49 Mt). Dans ces deux régions, la demande croit chaque année fortement (+ 7 Mt en 4 ans, soit une hausse de près de 22 %).

Les pays exportateurs de riz sont l’Inde, le Pakistan, la Thaïlande, les Etats-Unis et  le Vietnam.
Hormis l’Inde, ce ne sont pas des pays producteurs majeurs à l’échelle de la planète. Mais à eux cinq, ils écoulent 38 Mt, soit plus des trois quarts des transactions commerciales dans le monde. Et toujours hormis l’Inde, les ventes de ces pays exportateurs représentent une part importante de leur production. Le Pakistan, la Thaïlande, les Etats-Unis vendent plus de 40 % de leur récolte (35 Mt à eux trois environ).

L’Inde est en effet un cas à part. Deuxième producteur mondial de riz (113 Mt), elle est aussi le premier pays exportateur de la planète (12,8 Mt) mais elle ne vend que 10 % de sa récolte.

Signalons toutefois la forte progression, ces dernières années, des échanges commerciaux de riz comparée à celle des aux autres céréales, toutes proportions gardées. Ils ont augmenté de 67 % en 10 ans, passant de 29 Mt à 48-49 Mt par an. Autrement dit, la moitié des 40 Mt supplémentaires produites sur la planète est destinée à l’exportation vers l’Afrique subsaharienne et le Moyen Orient, structurellement déficitaires.

En Europe, la production de riz marginale à l’échelle mondiale, n’excède pas 1,8 million de tonnes. Elle est stable depuis trois ans. Importateur net, le continent achète 2 millions de tonnes par an pour couvrir les besoins de sa population. Un volume en baisse de quelques dizaines de milliers de tonnes chaque année.

L’Afrique et le Moyen Orient moteurs du commerce mondial

Le continent africain produit 16,7 Mt de riz par an et il en importe 18 Mt (+ 4 Mt en quatre ans) pour couvrir les besoins de sa population. Le Moyen Orient achète 7,5 Mt de riz car il n’en produit que 2,4 Mt (source CIC).

L’offre et la demande mondiales de riz évoluent évidement en fonction des conditions climatiques des pays producteurs. Lorsque les récoltes sont bonnes, les pays importateurs réduisent leurs achats.

Ainsi, le Bengladesh qui produira 1,8 Mt de riz supplémentaires cette année, n’en importera que 0,5 Mt contre 2,9 Mt la campagne précédente. En revanche, une tendance lourde se dessine en Egypte, souligne le CIC. En limitant l’irrigation pour rationnaliser la consommation en eau, le gouvernement égyptien renonce en partie à la culture du riz. Seules 3,3 Mt sont produites par an actuellement contre 4,8 Mt il y a deux ans. Aussi, le pays est appelé à devenir un importateur net dans quelques années.

(1)Tous les chiffres sont extraits du rapport mensuel du Conseil international des céréales du 25 octobre 2018.

Frédéric Henin