Comprendre les enjeux de l’agriculture
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Le premier soja issu de la technique de « génome éditing» a été semé et récolté cette année sur 6700 hectares dans le Minnesota. Les huiles aux acides gras améliorés seront commercialisées  dans le circuit des  huiles de consommation et incorporées dans les produits transformés, des salades jusqu’aux barres chocolatées. Et cela sans contraintes particulières. Les USA  autorisent même l’étiquetage « sans OGM » pour ces produits, ces plantes « éditées » étant officiellement reconnues comme non OGM sur le plan international. Alors que les  mêmes sojas sont considérés dans l’Union européenne comme des OGM.

Cette nouvelle variété de soja a été mise au point par Calyxt, une entreprise de biosciences du Minnesota. Elle a réussi à provoquer des mutations par Génome Editing pour que le soja contienne moins d’acides gras saturés et plus d’acide gras insaturés, meilleurs pour la santé.

Calyxt applique le même procédé du ciseau de gène aux semences de blé, de  pommes de terre, de colza et de la luzerne qu’elle est en train de mettre au point.  Elle concentre ses recherches  sur des propriétés qu’elle estime attractives pour le consommateur et pouvant produire des avantages pour les agriculteurs. Elle vient de signer des accords avec de grands transformateurs du secteur alimentaire, notamment avec American Natural Processors, un spécialiste des non-OGM  et des huiles et farines bios entre autres.

Les grands semenciers, DuPont, Pioneer et Syngenta, sont également en passe de mettre sur les marchés des pommes de terre, du blé, et d’autres sojas, tous « édités ». C’est le cas également d’entreprises plus petites comme Arcadia ou la start up  Yield 10 Bioscience.

La décision de la Cour de justice européenne interdit toute possibilité d’introduire ces plantes dans l’Union européenne. Plus il y aura de plantes « éditées » sur les marchés mondiaux, plus les difficultés de l’UE augmenteront, du fait qu’elle sera la seule au monde à les refuser.

MB Socopag