Comprendre les enjeux de l'agriculture
Print Friendly, PDF & Email

A la tête de sa société Urbanleaf, Marie Fiers réinvente l’agriculture. Elle crée et développe des systèmes aquaponiques qui associent cultures de plantes et élevage de poissons. Elle a reçu le prix des “ingénieurs agronomes d’Agrocampus Ouest Alumni”.

 

A la tête d’Urbanleaf, Marie Fiers réinvente l’agriculture dans une démarche durable et citoyenne. A 35 ans, elle est spécialiste du jardin en aquaponie, la combinaison de l’aquaculture et de l’hydroponie (culture hors sol, la terre étant remplacée par un substrat stérile).  Dans les prochain mois, Marie est en voie d’atteindre un des objectifs qu’elle s’est fixés en créant sa société : créer une ferme aquaponique de 1000 mètres carrés.

Les légumes produits seront cultivées hors sol et fertilisés naturellement grâce à l’eau des bassins d’élevage de poissons, enrichie en matières organiques. Avec William Raux, chef de projet en aquaponie, Marie montre qu’elle peut aussi  développer ce mode de production à grande échelle. A Toulouse, un réseau de fermes aquaponiques se constitue actuellement (cf encadré).

Selon Marie Fiers, ces systèmes aquaponiques seront un des piliers des projets d’aménagement urbains dans les années à venir. Sur un même site, ces lieux de vie logeront ses habitants tout en produisant de l’énergie pour les chauffer et, une partie de leur alimentation, pour les nourrir. 90 % de l’eau utilisée sera recyclée.

Elle a découvert l’agriculture urbaine, l’aquaponie et ses règles de fonctionnement axées sur l’économie circulaire, à Gembloux agro-bio tech, université de Liège, en Belgique en 2012 après un post-doctorat sur la communication entre plantes. Elle a ainsi donné une dimension professionnelle à ses études de microbiologie de l’environnement.

Depuis son retour en Bourgogne, Marie Fiers a d’abord donné une dimension pédagogique à son activité, en développant une gamme de Symbium. Ces kits d’aquaponie d’intérieur associent un bocal pour les poissons et une jardinière pour produire par exemple des herbes aromatiques fertilisées par les déchets des poissons.

Les premiers succès n’ont pas tardé à être au rendez-vous et l’entreprise est  devenue rentable en deux ans (commercialisation sur www.urban-leaf.com). Parallèlement, Marie Fiers a tenté de convaincre des entreprises de la distribution, que ce mode de production est tout à fait transposable à grande échelle.

A ce jour, elle étudie avec ces entreprises l’aménagement de terrasses ou encore, l’édification de murs végétalisés productifs. En finançant de tels systèmes, ces entreprises rendent les projets aquaponiques de Marie réalistes tout en cultivant une image d’acteur du développement durable auprès du grand public.

En fait, l’aquaponie rend possible des projets fous au premier abord. La construction de fermes flottantes en Antarctique ou dans le désert est d’ores et déjà envisageable et réaliste.

A Labège sur 1.000M2 : 25 tonnes de légumes et six tonnes de poisson en aquaponie

Dans la banlieue de Toulouse, à Labège, la première ferme aquaponique de la capitale occitane sera ouverte au début de l’année pour produire jusqu’à 25 tonnes des légumes et 6 tonnes de poissons sur 1.000 m2. Le fonctionnement de cette ferme est celui de n’importe quelle autre ferme aquaponique. « Par un système de raccordements et de filtrations, les déjections de poissons élevés en bassins nourrissent des plantes cultivées à proximité, qui elles-mêmes filtrent l’eau accueillant les poissons », explique sur son site l’association toulousaine d’aquaponie (ATA), porteuse du projet.

Mais la ferme de Labège sera associée à une petite exploitation en permaculture d’un hectare. Elle récupérera une partie des déjections des poissons via un lombricomposteur.
L’Ata a l’ambition de constituer un réseau d’une dizaine de fermes aquaponiques dans la région de Toulouse. Mais avant se lancer, ces candidats à l’installation doivent trouver un terrain approprié pour ce projet. A Lapège, le projet a rapidement abouti car un des associés a cédé un hectare de son exploitation céréalière.

Pour financer une partie du projet, ce dernier est présenté en détail sur le site de crowdfunding, bluebees.fr. Et pour susciter l’adhésion des Toulousains à cette forme d’agriculture, la start-up Citizen Farm expose dans le jardin Raymond VI un prototype de ferme aquaponique.

http://www.aquaponie-toulouse.fr/site-pilote/

https://www.urban-leaf.com/