Crise de la vanille malgache

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Madagascar domine le marché mondial de la vanille. Elle fournit 80% de la production mondiale de cet arôme avec, en moyenne, 1500 tonnes par an. La gousse est cultivée sur 65 000 hectares dans le nord-est de l’île. La vanille fait vivre 80 000 planteurs et contribue à 5% du PIB malgache. Ses recettes d’exportation sont passées de $ 58 millions en 2000 à 114 millions en 2014. De plus la vanille malgache est mondialement prisée pour sa qualité. La Grande Île est « faiseur de prix » sur le marché mondial. Mais la situation se gâte et la vanille malgache a pris le chemin du déclin. La première raison en est l’instabilité des cours qui peuvent être multipliés par dix, de $ 50 le kg à $ 500 ! Le boom a provoqué un accroissement des plantations à Madagascar mais, a aussi attiré de nouveaux entrants comme l’Inde, l’Ouganda ou la Papousie-Nouvelle Guinée. L’offre mondiale a, de ce fait, bondi à 2 400 tonnes en 2004. La seconde raison du déclin est la baisse de la qualité de la vanille malgache à cause de mauvaises pratiques culturales motivées par l’appât du gain à court terme. Ainsi les producteurs n’attendent pas 7 à 9 mois pour récolter la vanille dont le taux normal de 1,6 à 1,8% dans la plante baisse jusqu’à 1%. Le taux aromatique chute donc lourdement. Les techniques d’emballage sous vide contribuent aussi à cette dégradation de la qualité. Le grand gagnant de cette crise est la vanille artificielle dont la production – 12 à 15 000 tonnes – est dix fois supérieure à celle de la vanille naturelle tout en étant plus fiable et moins chère.

Source : Ecofin Hebdo

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